« Les courses ou les matches, qui ne sont pas disputés en pleine nature (cross-country, cyclo-cross, rallye, Tour de France, etc…), se célèbrent depuis l’antiquité grecque sur des stades. Certes, le confort s’y est accru. Désormais presque toutes les places sont assises et protégées, les nocturnes sont éclairées. Les spectateurs de plus en plus nombreux y partagent toujours la même passion pour telle équipe ou tel champion… Stades, gymnases, piscines, vélodromes, couverts ou non, sont donc les lieux, où l’on vibre ensemble autour d’une pelouse, d’une cendrée, d’une piste, ou d’un ring, lors des "Fêtes du muscle".
Des pistes en mâchefer, où les sprinters creusaient des starting-blocks rudimentaires avec une cuillère, au Grand Stade de France ultramoderne, en passant par Colombes, aux allures de palais arabe cher à Marcel Berger, que d’émotion peut jaillir des stades !
Que l’on pousse une pointe au vélodrome de la Seine, ou à Wagram, voire aux Ponts-Jumeaux, et c’est toute l’histoire affective du sport, qui nous saute au visage. Les bruits, les parfums, les couleurs des maillots reviennent en mémoire. Magiques, comme les phonolithes, les stades restituent sans cesse tout ce que les champions et leurs supporters leur ont donné…"
STADE : Nom masculin
Dans la Grèce Antique, mesure de longueur valant 600 pieds (de 162 à 198 m selon les régions, 192,27m pour le stade olympique).
Piste de cette longueur, droite ou circulaire, servant aux courses à pied et aux exercices gymniques Aujourd’hui ce mot désigne un vaste terrain aménagé pour la pratique de divers sports et généralement entouré de gradins
(source : Hachette multimédia/hachette-livre)

Si l’on rendait encore un culte aux Heures, je devrais adorer l’Heure où pour la première fois nous posâmes le pied sur notre stade : le stade avec ses garçons aux têtes petites, aux ongles courts, aux ventres plats, avec ses corbeilles de basket, avec son portique, avec ses sautoirs et des paquets de vêtements au pied des sautoirs, avec ses poteaux de but aux gréements déchirés et des paquets de vêtements au pied des poteaux de but, avec ses oriflammes, avec sa pelouse exquise, lumineuse de fraîcheur, " couverte d’un vaste tutoiement ", couverte aussi, lorsqu’on l’écoutait de près, par le long frémissement d’un javelot dans les airs, le bruit mat d’un disque qui tombe sur le gazon, le "clac" d’un ballon qu’on botte, les monosyllabes rauques des joueurs qui se signalent l’un à l’autre en dribblant : étrange silence que ce fond sonore (qui dira pour toujours, d’un mot ou d’une phrase, le grand silence du sport ?). Tout un ensemble noble, jeune et charmant, dont pas un de nous n’eût imaginé qu’il était si périssable, et que nous le verrions périr de notre vivant. Comme bougeaient les petits êtres, bougeaient sans cesse au-dessus d’eux les cieux magnanimes. Le stade devait bouger lui aussi un jour. Tout de suite je tombai amoureux de la cendrée. C’est-à-dire de la piste en mâchefer.
Montherlant
LATIN : Stadium
GREC : Stadion
Terrain pourvu des installations nécessaires à la pratique des sports
Lieu destiné à des manifestations sportives et pouvant accueillir des spectateurs

Pourquoi un revolver ? Et pourquoi pas une mitraillette tant qu’on y est ? Aujourd’hui tous les départs qui se respectent sont donnés par un starter avec un bon vieux pistolet. Mais cela ne fut pas toujours le cas. A l’origine de l’athlétisme, on utilisait parfois un claquement de mains ou un coup de sifflet. D’autres méthodes, beaucoup plus pittoresques, ont aussi été usitées à la fin du XIXème siècle de l’autre côté de l’Atlantique. Journaliste américain, témoin de cette époque, William B Curtis a longuement décrit ces jeux de joute dans ses reportages. A l’époque, les méthodes de compétitions variaient suivant les lieux. Et plusieurs techniques de départ étaient utilisées. La plus ancienne était le "break-start", une sorte de départ lancé avec élan pendant lequel les coureurs se tenaient par la main en restant 15 m derrière la ligne de départ avant d’avancer progressivement pour se lâcher à la fin. Il y avait aussi le "mutual consent start" : dans ce cas de figure, les athlètes se regroupaient par paires ou trois par trois dans une zone de départ et s’observaient, rusaient et provoquaient parfois des faux départs. Tout cela ressemblait aux surplaces des courses de vitesse cycliste. "On songea bientôt à limiter la durée de ces surplaces en utilisant le pistolet" souligne Curtis. On en arriva ainsi au départ moderne, tel qu’on le pratiquera toujours par la suite.
Le pistolet du starter apparait aujourd’hui comme un élément incontournable de l’athlétisme. Lui seul est capable, une fois brandi, d’imposer le silence sur un stade avant un départ. Mais le rôle de donner le feu vert aux coureurs ne lui fut pas toujours dévolu. Dans la 2ème moitié du siècle dernier on utilisait un mouchoir ou un sifflet pour signifier le départ de la course. Mais au pays du Far West dont les images d’Epinal ont pris forme à cette époque, le revolver allait vite s’imposer pour réglementer les départs des courses organisées à même la rue, dans les villages de nos amis les cow-boys. Auparavant, on assistait à des compétitions souvent folkloriques où les adversaires restaient parfois de longues minutes sur place, multipliant les intimidations et les provocations avant de s’élancer quand bon leur semblait. De nos jours le pistolet remplit un rôle supplémentaire dans les grandes compétitions. C’est en effet le coup de feu du starter qui déclenche le chronomètre électrique. Il doit également pouvoir émettre la fumée blanche qui permet aux chronométreurs manuels de déclencher leur montre et rappeler les concurrents au cas où un faux départ a été enregistré. Enfin, un pistolet de compétition (9 mm pour les spécialistes) capable de tirer 5 coups, approche les 900 F. Pas donné mais pour une fois qu’on fabrique une arme qui sert à autre chose qu’à tuer, on ne va pas se priver !
Contrairement aux autres épreuves de l’athlétisme le 100 m et le 110 m haies sont des disciplines éminemment modernes. Elles ne sont pas nées dans la Grèce Antique mais dans les îles Britanniques, au début du XIXème siècle. Il fallait sans doute être anglais pour penser à compliquer de la sorte la tâche des athlètes, en ajoutant des barrières là où le seul objectif est d’aller vite. La discipline, en fait, est directement inspirée des courses hippiques. Les hippodromes britanniques débordent de parieurs prêts à miser sur tout ce qu’on leur proposera, y compris des courses ou les hommes imitent les chevaux au cours de longs steeple-chases. Le Duc de Beaufort en 1837, adapte au sprint une idée jusque-là réservée aux courses d’endurance. Il est alors plus judicieux de parler de "100 yards poutres" vu la masse des barrières installées sur la ligne droite. Cela n’empêche pas la discipline, devenue très populaire, d’entrer à l’université au milieu du siècle et par là-même de se codifier. On fixe les espaces entre les barrières et la hauteur des haies à 1 m 06 - par opposition aux obstacles du 200 yards haies, plus petits. Ce type de courses, repris en France est adapté au système métrique tout en respectant les normes. La distance référence devient alors celle du 110 m haies, la plus proche des 100 yards. C’est également elle qui deviendra olympique à partir de 1900 aux Jeux de Paris.

En athlétisme comme dans beaucoup d’autres sports, il y a huit finalistes. Donc huit couloirs. A priori la réponse semble évidente. "Jusqu’aux Jeux Olympiques de Rome en 1960, la plupart des pistes d’athlétisme n’avaient que six couloirs, se souvient Alain Billouin, ancien responsable de l’athlétisme à l’Equipe et désormais chroniqueur de la revue fédérale. Aux J.O. de Tokyo, en 1964, on est passé à huit couloirs. Au niveau continental, il y avait six couloirs aux Championnats d’Europe de Belgrade en 1962. Quatre ans plus tard à Budapest, il y en avait 8. C’est effectivement entre 1960 et 1964 que l’IAAF a pris la décision d’augmenter le nombre de finalistes, notamment sur 100 m, 200 m, 400 m et 800 m. C’est la seule explication fiable qui permet de répondre à cette question ajoute Robert Parienté, l’historien de l’athlétisme. Parallèlement, à cette époque, l’IAAF a décidé de ne plus homologuer les records réalisés sur des pistes inférieures ou supérieures à 400 m.

"C’est certainement pour remonter le temps" s’amuse un esprit taquin du service communication de la FFA. L’argument est intéressant mais assez peu probable. Pour M. Ventoullac, journaliste à l’équipe, il n’y a pas de doute : c’est encore un coup des anglais. "Les Britanniques ont tout inventé dans l’athlétisme, explique-t-il. Un jour, ils ont dû décider de courir dans un sens pour l’imposer au reste de la planète." Plaisanterie mise à part, il n’a pas tout à fait tort. Mais, si les athlètes courent aujourd’hui de gauche à droite, la raison en est avant tout de nature équine. Au milieu du XIXème siècle, de l’autre côté de la manche, les premières compétitions de course à pied eurent lieu sur des hippodromes. A l’époque, comme les jockeys, les athlètes étaient vêtus de casaques multicolores et munis de cravache. Pas pour blesser leurs adversaires mais pour caresser leurs mollets rebelles. Vers 1880 en France, les propriétaires de l’hippodrome de Paris organisent aussi des compétitions, plus ou moins burlesques, sur le modèle hippique. Or c’est bien connu, les chevaux galopent de gauche à droite. Par effet de mimétisme, les bipèdes copièrent les quadrupèdes. Depuis, les athlètes courent dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Alors pourquoi les chevaux courent-ils dans un sens et pas dans l’autre ? Certainement pour imiter les hommes…..Paul Miquel

- Auteur(s) de cet article : Philippe Peccatte.
- Date de première publication : 11 décembre 2008
- Date de modification : 11 décembre 2008